La tragédie des réfugiés, vue par l'AFP

Notre blog Making-of et son équivalent anglais, Correspondent, publient régulièrement des articles sur le drame des réfugiés dans le monde. Ces textes écrits à la première personne donnent un aperçu de la relation très forte, empathique, qui se noue inévitablement sur le terrain entre un journaliste et les réfugiés dont il est chargé de couvrir les malheurs. Pour un reporter, travailler sur la crise des réfugiés est souvent une expérience qui marque pour la vie. De la Grèce à la Birmanie, du Mexique au Sahel, de Calais à la frontière turco-syrienne, voici tout ce que nous avons publié sur le sujet depuis mars 2015.

Un habitant de la planète sur 122 est aujourd'hui une personne qui a été forcée de quitter son foyer, et 2015 a probablement été l'année où le nombre de déplacements forcés a dépassé 60 millions pour la première fois, selon le Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.

Cette liste est actualisée au fur et à mesure des publications.

 

 

« Si on n'y va pas, combien vont mourir ? »

A man and his daughter wait during a distribution of meals aboard the rescue ship Aquarius, on May 25, 2016 (AFP / Gabriel Bouys)

« Ce soir-là, j'ai du mal à m'endormir. Je regarde devant nous, encore loin là-bas, du côté de la Libye. Si ça se trouve, en ce moment même, des passeurs sont en train de sortir les futurs hôtes de l'Aquarius du trou à rats où ils sont maintenus depuis quelques jours, quelques semaines, quelques mois, pour les conduire sur un rivage où les attendent quelques canots gonflables à peine plus solides que des jouets de plage. Ceux qui hésitent sont battus ou abattus, et les canots s'enfoncent dans la nuit... »

Pendant une semaine en mai 2016, la journaliste de l'AFP à Rome Fanny Carrier était à bord de L'Aquarius, navire participant aux opérations de secours des migrants en Méditerranée. Elle livre son récit en trois épisodes.

Publié les 2, 3 et 4 juin 2016. Lire l'article

 

Le pianiste en exil

Palestinian/Syrian refugee Ayham Ahmad, also known as the pianist of Yarmouk performs during a sound check, prior to a concert at Berlin's Heimathafen concert hall on May 12, 2016 (AFP / John MacDougall)

« En entrant dans la salle de spectacle, Aeham Ahmad n'a vu que lui. Un piano à queue Bechstein tout beau et tout lustré sur lequel il va jouer ce soir sur la scène de la bien nommée « Port d'attache », une salle de spectacle de Berlin où nous nous sommes donné rendez-vous pour une interview et des essais musicaux. Moi, je n'ai vu que ses grands yeux de prince. Et son baluchon. Je l'ai reconnu tout de suite, son sac à dos. C'est celui avec lequel il a parcouru, il y a huit mois, les milliers de kilomètres qui séparent Damas de Berlin. En bus cabossé, en rafiot de fortune, en trains crasseux, à pied. Comme des centaines de milliers d'autres Syriens jetés sur les routes de l'exode avec la fuite pour seul projet, et arrivés, hagards et harassés, en Allemagne. »

Publié le 19 mai 2016. Lire l'article

 

Un billet pour Lesbos

(AFP / Aris Messinis)

« Je dois prendre un billet pour Lesbos », écrit le reporter vidéo de l'AFP à Athènes Will Vassilopoulos. « Ça ne peut plus attendre, c’est ma chef de bureau qui le dit. »

« Nous sommes en avril 2015 et un navire vient d’accoster dans le port du Pirée avec 400 migrants en provenance de Lesbos. Il se passe quelque chose dans cette île près de la côte turque. Il faut aller voir. Tout de suite. »

« Est-ce que ça va aussi mal que nous le dit un collègue déjà sur place ? Voilà deux ans qu’il couvre la crise des réfugiés, et il affirme qu’il n’a jamais vu autant de monde à Lesbos. "Quelque chose est en train de changer sur l’île. Quelque chose est en train de changer en Grèce", me dit-il. »

« Il faut que j’aille voir. »

Publié le 25 avril 2016. Lire l'article

 

Le sourire de Wafa

Pope Francis welcomes a group of Syrian refugees after landing at Ciampino airport in Rome following a visit at the Moria refugee camp on April 16, 2016 in the Greek island of LesbosLe pape François accueille à l'aéroport de Rome-Ciampino un groupe de réfugiés syriens qu'il a ramenés de Lesbos, le 16 avril 2016 (AFP / Filippo Monteforte)

« C'est un voyage un peu différent des autres (…). Un voyage marqué par la tristesse. Nous allons rencontrer la pire catastrophe humanitaire depuis la Seconde guerre mondiale. Nous allons voir tant de gens qui souffrent, qui fuient et qui ne savent pas où aller. Et nous allons aussi à un cimetière, la mer... »

« Celui qui prononce ces paroles est le pape François », raconte la journaliste de l'AFP à Rome Fanny Carrier. « Il est venu à l’arrière de l’avion pour saluer les journalistes qui, ce 16 avril, l’accompagnent à Lesbos. Et d’emblée, il a donné le ton. »

Publié le 20 avril 2016. Lire l'article

 

Perdre la raison face aux barbelés

(AFP / Bulent Kilic)


« Une des choses qui me frappe le plus chez tous ces réfugiés bloqués depuis des mois à la frontière gréco-macédonienne c’est de les voir, lentement, perdre la raison ». L'enfer d'Idomeni, raconté par le photographe de l'AFP Bülent Kiliç.

Publié le 18 avril 2016. Lire l'article

 

La vie dans ses yeux

(AFP / Wakil Kohsar)

« En sept ans à l'AFP, j'ai eu l'occasion d'avoir un bon aperçu de la cruauté humaine », écrit le correspondant de l'AFP à Kaboul Guillaume Decamme. « J'ai vu comment, lors de l'exécution d'un condamné noir dans l'Etat américain de Virginie, le système cherchait manifestement plus la revanche que la justice, dans une éclatante illustration de la loi du talion version US. A Bagdad, j'ai vu les corps de badauds déchiquetés par les bombes de l'"Etat islamique d'Irak", l'ancêtre du groupe Etat islamique. Mais rien, pas même les fémurs sanguinolents d'Irakiens gisant sur le bitume, ne m'avait préparé à l'effroyable scène à laquelle le photographe de l'AFP Wakil Kohsar et moi-même avons assistons ce samedi 12 mars ».

Publié le 14 mars 2016. Lire l'article

 

L'attente sans fin à la frontière

(AFP / Louisa Gouliamaki)

« L’attente. L’absence d’informations. Les conditions épouvantables. Voilà ce qui me marque le plus pendant ce reportage », raconte la photographe de l'AFP basée en GrèceLouisa Gouliamaki. « Douze jours durant, je photographie les réfugiés qui campent à la frontière entre la Grèce et la Macédoine en espérant poursuivre leur chemin vers l’Europe occidentale à travers ce qu’on appelle la route des Balkans ».

Publié le 11 mars 2016. Lire l'article

 

En attendant l'ouverture de la barrière

Syria-Turkey-refugee-migrant-children (AFP / Bulent Kilic)

« Ils ont saisi quelques affaires et ils ont couru jusqu’ici. Et maintenant ils attendent l’ouverture de la barrière», raconte le photographe de l'AFP Bülent Kiliç depuis la frontière turco-syrienne.

« C’est fou de voir des choses pareilles se produire encore au bout de cinq ans. Cinq ans que la Syrie est déchirée par cette guerre civile. Et aujourd’hui voilà encore des dizaines de milliers de personnes qui laissent toute leur vie derrière elles pour se masser à la frontière turque, alors qu’elles avaient jusqu’à présent réussi à résister à tout. Cette fois, les réfugiés fuient l’offensive du régime syrien et de ses alliés sur Alep et la région environnante.»

Publié le 11 février 2016. Lire l'article

 

"Que ferais-je si ce bébé était à moi ?"

Turkey-refugee-migrant-children (AFP / Ozan Kose)

« Quand j’arrive sur la plage de galets, le premier cadavre que je vois est celui d’un bébé», raconte le photographe de l'AFP en Turquie Ozan Köse. « Il doit avoir neuf ou dix mois, il est chaudement couvert et porte un bonnet. Une tétine orange est accrochée à ses habits. A côté de lui gisent un autre enfant, âgé de huit ou neuf ans, ainsi qu’une adulte, leur mère peut-être. »

« Pour le moment personne ne s’occupe du bébé mort. Alors, je reviens vers lui et pendant peut-être une heure, je reste à ses côtés, en silence. J’ai deux enfants, une fille de huit ans et un petit garçon de cinq mois. Je me demande ce que je ferais si ce bébé était à moi. Je me demande ce qui est en train d’arriver à l’humanité. »

Publié le 1er février 2016. Lire l'article

 

Exode sans fin dans la neige des Balkans

Serbia-refugee-migrant (AFP / Dimitar Dilkoff)

« J’ai commencé à couvrir la crise migratoire dans les Balkans en juin dernier, et j’ai effectué plusieurs reportages en Serbie et en Macédoine durant l’été et l’automne », raconte le photographe de l'AFP basé à Sofia Dimitar Dilkoff. « Je savais qu’avec l’hiver, qui est généralement glacial dans cette région, la situation allait devenir très difficile pour les milliers de réfugiés qui affluent chaque jour en direction de l’Europe de l’ouest. Quand les premières neiges sont arrivées et que les tempé

Publié le 27 janvier 2016. Lire l'article

 

Histoire de deux Allemagnes

Germany-refugee-migrant-politics (AFP)

« Pour la stable et prospère Allemagne, 2015 a été une année de folie », écrit le correspondant de l'AFP à Berlin Frank Zeller. « L’afflux sur notre sol de plus d’un million de réfugiés a engendré de remarquables réactions d’humanité, mais aussi réveillé des craintes que l’on croyait depuis longtemps éteintes. Et la façon dont le pays a sonné les douze coups de minuit, le 31 décembre à Cologne, n’augure rien de bon pour l’année qui commence. 2016 verra-t-elle le retour des angoisses existentielles les plus hideuses chez les Allemands ?»

« Je crois que tout le pays se pose cette question. Et jusqu’à présent les éléments de réponse sont mitigés. »

Publié le 20 janvier 2016. Lire l'article

 

Lettre de Nouvel-An à un bébé réfugié

Netherlands-refugee-migrant-children (AFP / Emmanuel Dunand)

En août et septembre 2015, la journaliste Serene Assir faisait la connaissance d'Alia, Ahmed et leur bébé, Adam, dans un train traversant la Macédoine entre la frontière grecque et la frontière serbe. Avec une équipe de l'AFP, elle décidait de suivre cette famille irakienne, qui avait fui son pays après avoir failli périr dans un attentat, tout le long de son parcours à travers l'Europe. Ils s'étaient séparés en Allemagne, quand le couple et son enfant avaient été pris en charge par la police et conduits dans un centre d'hébergement pour réfugiés.

Trois mois plus tard, Serene retrouve la famille à Leeuwarden, dans le nord des Pays-Bas, où elle attend le résultat de sa demande d'asile. Et décide d'écrire une lettre à Adam, l'enfant désormais âgé de sept mois, pour qu'il la lise quand il sera plus grand.

Publié le 6 janvier 2016. Lire l'article

 

Travailler dans l'ombre pour éclairer le monde

Greece-refugee-migrant-children (AFP / Angelos Tzortzinis)

Le photographe pigiste grec Angelos Tzortzinis, 31 ans, qui travaille pour l’AFP depuis 2007, est le lauréat 2015 du prix du magazine américain Time récompensant le meilleur photographe d’agence de l’année, pour son travail en Grèce sur la crise économique et celle des migrants. Il cultive la discrétion à titre personnel, mais a à cœur de mettre ses sujets dans la lumière, dans tous les sens du terme…

Publié le 30 décembre 2015. Lire l'article

 

Scènes de guerre en zone de paix

Greece-refugees-migrants (AFP / Aris Messinis)

Responsable photo de l'AFP en Grèce, Aris Messinis sait ce que c'est que la guerre. Il a couvert des conflits en Syrie et en Libye. Il a côtoyé la souffrance et la mort. Mais il est plus touché encore par le spectacle des migrants qui affluent sur les côtes grecques par milliers. "On n'est pas en zone de guerre. On travaille en zone de paix... pourtant la souffrance ne diffère pas de celle qu'on rencontre dans une guerre. Savoir que ce n’est pas le cas rend les choses encore bien plus émotionnelles. Et beaucoup plus douloureuses ».

Publié le 10 novembre 2015. Lire l'article

 

"Camps du viol" au Soudan du Sud

(AFP / Ashraf Shazly)

« J’étais venu au Soudan du Sud à la recherche de crimes de guerre. Et je les ai trouvés», témoigne le journaliste de l'AFP Tristan McConnell, qui rentre d'un reportage de plusieurs jours au Soudan du Sud, pays en proie à un conflit armé aussi atroce qu'ignoré du reste du monde.

« Emmenée de force dans un camp militaire, une femme a été attachée et violée durant deux mois. Une autre a été kidnappée par des soldats et violée cinq nuits d'affilée. L'enlèvement systématique de femmes et de filles, transformées en esclaves sexuelles, est une nouvelle facette terrifiante de la guerre civile qui fait rage dans ce pays. Pendant six jours, dans un site protégé qui accueille les personnes déplacées par les violences, nous avons mené des dizaines d’interviews qui ont mis en évidence ces exactions pratiquées de façon routinière et à grande échelle. Des femmes et des fillettes nous ont livré des témoignages épouvantables sur les « camps du viol » où certaines d’entre elles ont été détenues des jours, des semaines, voire des mois durant. Cela a donné un des reportages les plus effroyables qu’il m’ait été donné d’effectuer.»

Publié le 6 octobre 2015. Lire l'article

 

Photographier la "Jungle de Calais"

France-refugee-migrant (AFP / Philippe Huguen)

« La "New Jungle", c’est un bidonville au bord de la rocade maritime de Calais où s’entassent les migrants et réfugiés qui ont l’espoir de gagner l’Angleterre », explique le photographe de l'AFP Philippe Huguen. « Ces milliers d’hommes, de femmes et d’enfants se sont regroupés là après avoir été chassés par les forces de l’ordre d’autres "petites jungles" qui s’étaient constituées un peu partout dans la région. La "Jungle" est tolérée par les autorités françaises. On y trouve des points d’eau, des toilettes, l'éclairage électrique, mais le terrain est totalement inadapté. Situé sous le niveau de la mer, il devient une gigantesque mare de boue à chaque fois qu’il pleut. L’hiver qui arrive risque d’être pénible pour ses habitants. »

« Comme d’un côté il devient de plus en plus difficile pour les migrants de se faufiler à bord d’un ferry ou de franchir clandestinement le tunnel sous la Manche, et que de l’autre côté le flux des nouveaux arrivants ne tarit pas, les problèmes liés à la surpopulation - les violences, les trafics, l’alcoolisme, le manque d’hygiène - se multiplient. Plus le temps passe, plus la « Jungle » de Calais ressemble à une marmite à pression sur le point d’exploser. »

Publié le 25 septembre 2015. Lire l'article

 

Réfugiés dans l'enfer hongrois

SERBIA-EUROPE-MIGRANTS (AFP / Armend Nimani)

« Dans le no man' s land entouré de champs à perte de vue, le flux des réfugiés semble intarissable », écrit la journaliste de l'AFP Sonia Bakaric depuis la frontière hongro-serbe. « De jour comme de nuit, des milliers de femmes arrivant de la Serbie toute proche avancent avec peine, les pieds gonflés dans des chaussures masculines trop grandes pour elles ; des milliers d’hommes à bout de forces portent sur leurs épaules courbées des milliers d’enfants tout aussi exténués, hagards, comme désarticulés. »

« Après une interminable marche pour fuir la guerre et la misère, les voici confrontés à un monde diamétralement opposé à leurs espoirs : la Hongrie du nationaliste Viktor Orbán. Pour l’heure, la plupart des nouveaux arrivants - des Syriens, des Irakiens, des Afghans ayant déjà des milliers de kilomètres dans les jambes - ont encore la force de sourire, de nous saluer avec bienveillance. Ils n’ont encore aucune idée des épreuves qui les attendent dans ce pays indifférent à leurs souffrances et qui, dépassé par la crise migratoire, vient de boucler sa frontière avec la Serbie avec une clôture de barbelés tranchants érigée par des prisonniers. »

« Un nouveau mur érigé au cœur de l’Europe par ce même pays qui, il y a vingt-six ans, avait ouvert la première brèche dans le Rideau de fer et précipité l’effondrement du communisme en permettant à des milliers d’Allemands de l’Est de fuir vers l’Ouest...»

Publié le 16 septembre 2015. Lire l'article

 

Longue marche vers l'incertitude

(AFP / Aris Messinis)

« Plus de 350.000 personnes fuyant la guerre et la misère ont frappé aux portes de l’Union européenne depuis le début de 2015 après avoir souvent mis leurs vies en danger à bord d’embarcations de fortune en Méditerranée ou en mer Egée », écrit la journaliste de l'AFPSerene Assir. « Beaucoup se sont endettés auprès de leurs proches ou ont vendu tous leurs biens pour se lancer dans ce dangereux périple. Ils ont dû affronter escrocs et passeurs sans vergogne ; ils ont marché des jours entiers sous un soleil harassant, ont passé de courtes nuits dans le froid, se sont heurtés aux barbelés et parfois aux brutalités policières avant d’atteindre l’Autriche, l’Allemagne ou un autre pays d’Europe du nord où un avenir incertain les attend.»

« Après avoir couvert l’arrivée des réfugiés dans les îles grecques depuis les côtes turques, l’AFP a envoyé une équipe de trois journalistes suivre la suite de leur périple, le long de la route des Balkans. Ceci est le journal de notre voyage qui a démarré à la frontière gréco-macédonienne et qui, nous l’espérons, nous conduira jusqu’en Allemagne.»

Publié le 4 septembre 2015. Lire l'article

 

"Ceux qui ont eu de la chance"

Greece-migrants-refugee-unrest (AFP / Angelos Tzortzinis)

« Il est quatre heures du matin sur l’île grecque de Kos. Les étoiles brillent dans le ciel de velours et la mer Egée est parfaitement calme. Quelques journalistes attendent en silence sur la plage, cette improbable ligne de front de la pire crise migratoire que l’Europe ait connue depuis la Seconde guerre mondiale ».

Pendant trois ans, la journaliste Serene Assir a couvert la guerre en Syrie depuis le bureau de l'AFP à Beyrouth, avant d'être mutée à Paris il y a quelques mois. En août, elle a passé plusieurs jours à Kos où elle a retrouvé les victimes de ce conflit, devenus des réfugiés en quête du salut et d'une vie meilleure en Europe.

Publié le 28 août 2015. Lire l'article

 

Le train broyeur de rêves

US-Mexico-immigration (AFP / Alfredo Estrella)

Il fait 35 degrés, un taux d’humidité frôlant les 100%. Nous pourchassons «La Bestia » (La Bête), qui gronde depuis la frontière sud du Mexique vers les États-Unis. L'histoire de la migration est intimement liée à ce train de marchandise sur le dos duquel des centaines de milliers de migrants poursuivent leur rêve d’atteindre les États-Unis. Et sur lequel beaucoup sont attaqués, volés, mutilés, tués.

Publié le 28 juillet 2015. Lire l'article

 

Laissez-passer pour l'Europe

(AFP / Dimitar Dilkoff)

"Début juillet, je me suis rendu dans l’est de la Bosnie à l’occasion des commémorations du massacre de Srebrenica 20 ans plus tôt," écrit le photographe Dimitar Dilkoff. "Avant de rentrer chez moi à Sofia, en Bulgarie, j’ai voulu faire un détour par la Serbie, afin de voir de mes propres yeux la migration de centaines de personnes cherchant à gagner l’Union Européenne plus au nord."

Publié le 22 juillet 2015. Lire l'article

 

Agadez, si discrète capitale des migrants africains

(AFP / Issouf Sanogo)

« A Agadez, les migrants sont partout. Et nulle part », écrit Joris Fioriti, envoyé spécial de l'AFP dans la ville du centre du Niger. « Ils sont des dizaines à y arriver chaque jour, des centaines à y dormir chaque nuit. Autorités et humanitaires pronostiquent que 100, 120, 150.000 d'entre eux transiteront cette année par "la perle du désert", à destination de la Libye, puis éventuellement de l'Europe. Mais leur présence au quotidien ne s'appréhende que par bribes. De multiples saynètes qui font ressentir la cruelle réalité des clandestins... »

Publié le 6 juillet 2015. Lire l'article

 

Fuir la Syrie par le trou d'une aiguille

Syria-Turkey-migrants-refugee-unrest (AFP / Bulent Kilic)

Des Syriens fuyant les combats entre le groupe Etat islamique et les forces kurdes dans la ville de Tall Abyad passent en force en Turquie après avoir percé un trou dans la clôture frontalière, le 14 juin.

« Cela fait quatre ans que je photographie les réfugiés syriens à la frontière », raconte l'auteur de cette image, le photographe de l'AFP Bülent Kiliç. « J’ai assisté à la bataille de Kobané qui avait provoqué l’exode de 200.000 personnes. Mais cette fois, c’est différent. Je n’avais encore jamais vu une chose pareille, des milliers de personnes qui fuient désespérément leur pays à travers une brèche aussi exiguë. Je n’ai pas le temps de parler avec ces gens, mais je peux voir la peur dans leurs yeux. Ils crient, ils se bousculent. Les familles font des efforts désespérés pour rester groupées, pour ne pas perdre un enfant dans la cohue... »

Publié le 15 juin 2015. Lire l'article

 

Pédaler vers une vie meilleure

Macedonia-refugee-migrant (AFP / Robert Atanasovski)

« En Macédoine, les migrants illégaux qui se dirigent vers le nord et l'Union européenne n'ont pas le droit d'utiliser les transports en commun », raconte le photographe basé à Skopje Robert Atanasovski. « Les autorités interdisent aux compagnies de train ou d’autocar de leur vendre des billets. En revanche, elles tolèrent la marche à pied. Cela n’a aucune logique, mais cette situation découle surtout des lacunes et du caractère confus de la législation. »

« Récemment, j’ai lu dans les journaux locaux que certains de ces migrants avaient trouvé un moyen original - et toléré par la police - d’accélérer leur traversée de la Macédoine : le vélo. Cela a éveillé ma curiosité et je suis parti à leur rencontre. »

Publié le 11 juin 2015. Lire l'article

 

La dignité retrouvée

(AFP / Christophe Archambault - Chaideer Mahyuddin)

Ces deux photos montrent Ronji, une Rohingya de 21 ans, et son fils de 6 ans Muhammad Islam. La première image a été prise le 14 mai par le photographe de l'AFP Christophe Archambault au large de la Thaïlande, où un bateau transportant quelque 400 musulmans rohingyas ayant fui la Birmanie dérivait depuis des jours sans eau et sans vivres après avoir été abandonné par les trafiquants d'êtres humains qui le pilotaient. La deuxième photo a été prise quelques jours plus tard en Indonésie, dans un camp de réfugiés de la province d'Aceh, où les occupants du bateau sont finalement débarqué et ont commencé à retrouver la dignité. D'autres photographes de l'AFP, Romeo Gacad et Chaideer Mahyuddin, ont ainsi pu mettre des noms sur les visages de ces malheureux et témoigner du démarrage de leurs nouvelles vies. Voici leurs récits.

Publié le 2 juin 2015. Lire l'article

 

Rohingyas: d'un cauchemar à l'autre

TOPSHOTS-THAILAND-SEASIA-MIGRANTS (AFP / Christophe Archambault)

Des boat people appartenant à la minorité musulmane Rohingya, persécutée en Birmanie, pleurent de faim et de désespoir à bord d'un bateau à la dérive depuis des jours en mer d'Andaman, au large de la Thaïlande. « Je sais que ces migrants n’ont pas mangé depuis des jours, voire des semaines », raconte l'auteur de cette image, le photographe de l'AFP Christophe Archambault. « Selon ce qu’ils ont raconté, ils en sont réduits à boire leur urine pour survivre. Leurs visages sont décharnés, leurs cheveux longs et hirsutes. On peut voir leurs côtes et leurs omoplates saillantes. Mon regard se fixe sur un jeune homme. Il ne doit pas peser plus de trente-cinq kilos. Nous avons, sous nos yeux, une situation d’horreur absolue. »

Publié le 15 mai 2015. Lire l'article

 

Le grand bateau n'arrive pas toujours à temps

(AFP / Alberto Pizzoli)

Des immigrants secourus en mer par les garde-côtes italiens arrivent à Augusta, en Sicile, le 22 avril. « Pour nous, les communiqués des garde-côtes annonçant le sauvetage de centaines de migrants en Méditerranée sont du domaine de la routine », écrit Fanny Carrier, directrice adjointe du bureau de l'AFP à Rome. « Pendant l'année 2014, la moyenne a été de 475 par jour. Mais le week-end des 11 et 12 avril, tout à coup, les compteurs s'affolent... »

Publié le 24 avril 2015. Lire l'article

 

Terreur et trafics sur le lac du non-droit

Des soldats tchadiens regardent un véhicule du Haut-comité des Nations Unies pour les réfugiés (AFP / Sia Kambou)

Carrefour de quatre pays - Nigeria, Tchad, Niger et Cameroun - le lac Tchad est depuis toujours le lieu d'intenses échanges commerciaux et de trafics en tous genres. « C'est un univers à part, où les frontières tracées par l'ancien colonisateur n'existent pas », raconte la journaliste de l'AFP Celia Lebur, qui s'est récemment rendue sur place pour y couvrir l'afflux de réfugiés fuyant la violence au Nigeria voisin. « Avec ses centaines d'îlots éparpillés comme des confettis, son labyrinthe de chenaux navigables entre les roseaux, le lac est aussi une vaste zone de non droit. Un paradis de la contrebande quasiment impossible à contrôler, dont les insurgés djihadistes nigerians de Boko Haram profitent largement... »

Publié le 20 avril 2015. Lire l'article

 

Avec les rescapés de l'enfer du Yémen

(AFP / Tony Karumba)

Dans le petit port de pêche d'Obock, à Djibouti, des centaines de réfugiés venus du Yémen s'entassent dans des centres d'hébergement provisoire. A bord d'embarcations en tout genre, ils ont fui leur pays où la guerre fait rage entre rebelles chiites houthis, une coalition menée par l'Arabie saoudite et jihadistes liés à Al-Qaïda ou à l'Etat islamique. Le photographe de l'AFP Tony Karumba est allé à leur rencontre.

« Je photographie les sourires des enfants, les expressions interrogatrices des adolescents, les regards profonds et réservés de leurs aînés », écrit-il. « J’essaye de travailler de la façon la plus sensible possible, de capturer les émotions qu’expriment leurs visages. Mais comme à chaque fois que je photographie la douleur des autres, que je suis le témoin de vies brisées par la guerre, je ne peux m’empêcher d’être amer, en me disant qu’il y a peu de chances pour que mon travail permette d’améliorer leur sort ».

Publié le 17 avril 2015. Lire l'article

 

Dessins d'enfants du Nigeria

Un jeune réfugié nigérian dessine une scène d'attaque par Boko Haram pendant une séance de thérapie organisée par l'Unicef dans un camp près de Baga Sola, au Tchad, le 6 avril 2015 (AFP / Philippe Desmazes)

« Nous sommes dans le camp "Dar-es-Salam", près du lac Tchad », raconte le photographe de l'AFP Philippe Desmazes. « Les quelque 5.000 réfugiés qui s’entassent ici ont fui le nord du Nigeria voisin, en proie aux exactions des rebelles jihadistes de Boko Haram. Pour des raisons de sécurité, les autorités ont regroupé dans ce camp, à l'entrée de la ville de Baga Sola, les Nigérians qui ont trouvé refuge sur la rive tchadienne du lac. Des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants continuent à affluer tous les jours dans le camp.»

« Dans une grande tente blanche, l’Unicef organise des séances de thérapie par le dessin. C’est une méthode souvent employée pour aider les enfants à surmonter leurs traumatismes dans les zones de guerre, mais aussi pour occuper leurs interminables journées dans le camp de réfugiés. J’ai déjà vu ça pendant le conflit en Côte d’Ivoire, il y a plusieurs années. Les animateurs distribuent des feutres et des grandes feuilles de papier blanc aux gamins et leur proposent un thème. Ce peut être la nature, ou les animaux. Le jour de notre venue, ils leur demandent de dessiner ce qu’ils ont vu quand Boko Haram a attaqué leurs villages. »

Publié le 13 avril 2015. Lire l'article

 

Le jour où tout ce qui était rose est devenu noir

(AFP / Ahmad Al-Rubaye)

Du jour au lendemain, elles ont dû tout quitter et fuir devant l'avancée du groupe Etat islamique pour échapper à la mort, au viol, à l'esclavage ou au mariage forcé. Début mars, une douzaine de jeunes femmes appartenant aux minorités chrétienne ou yazidi réfugiées à Erbil, au Kurdistan irakien, se retrouvent dans un atelier organisé par l'organisation caritative Chime for Change et animé par les journalistes Randa Habib et Mariane Pearl. L'objectif du stage est de leur enseigner les techniques narratives journalistiques pour les aider à raconter, et à mieux faire comprendre, leurs terribles histoires.

« Je mets de côté mes réflexes de journaliste et je me fie plus à mon tact et à mon intuition », raconte Randa Habib. « Il ne s’agit pas d’extraire de ces jeunes femmes de bonnes histoires à publier, mais de les mettre à l’aise, d’établir un lien qui les poussera à me confier des choses sensibles, intimes, tout simplement parce que cela leur fera du bien.»

« Quant à leurs histoires, elles me marqueront longtemps... »

Publié le 13 mars 2015. Lire l'article