Les 15 articles les plus lus en 2015 sur Making-of

Voici les quinze articles les plus lus sur notre blog en 2015, un classement naturellement dominé par les événements-phares de l'année en Europe qu'ont été les attentats de janvier et novembre à Paris et la crise migratoire. Nous souhaitons à toutes nos lectrices et à tous nos lecteurs une bonne année 2016.

1. Scènes de guerre en zone de paix, par Aris Messinis

(AFP /Aris Messinis)

Responsable photo de l'AFP en Grèce, Aris Messinis sait ce que c'est que la guerre. Il a couvert des conflits en Syrie et en Libye. Il a côtoyé la souffrance et la mort. Mais il est plus touché encore par le spectacle des migrants qui affluent sur les côtes grecques par milliers. "On n'est pas en zone de guerre. On travaille en zone de paix... pourtant la souffrance ne diffère pas de celle qu'on rencontre dans une guerre. Savoir que ce n’est pas le cas rend les choses encore bien plus émotionnelles. Et beaucoup plus douloureuses ».

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2. Guerre et guerre, par Dominique Faget

(AFP /Dominique Faget)

« Ces derniers jours, j’entends beaucoup parler de "scènes de guerre", de "situation de guerre", de "médecine de guerre" », racontait le 15 novembre Dominique Faget, un des premiers photographes de l'AFP à être arrivés sur les lieux des attentats deux jours plus tôt à Paris et qui a couvert plusieurs conflits armés dans sa carrière. « Mais il faut tout de même relativiser. Ce vendredi 13 novembre, nous assistons à Paris à une série d’attentats terroristes, à des massacres aveugles, aux plus graves événements que la capitale française ait connus depuis la Libération. Mais ce n’est pas la guerre. »

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3. Les destins brisés du 13 novembre

(AFP / Loïc Venance)

Ils s’appelaient Bertrand, Chloé, Halima ou Thierry ; ils étaient étudiant, banquier, garagiste ou serveur, la plupart âgés d'une vingtaine ou d'une trentaine d'années. Tous ont péri lors des attentats à Paris le 13 novembre ou dans les jours qui ont suivi. Une petite équipe de journalistes de l’AFP spécialement mise en place après la tragédie s’est employée à collecter quelques éléments sur chacune de ces vies fauchées. Le résultat est une base de données interactive, pour ne pas s’arrêter aux bilans chiffrés et donner un visage humain à toutes les victimes.

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4. Fuir la Syrie par le trou d'une aiguille, par Bülent Kiliç

Des Syriens fuyant les combats entre le groupe Etat islamique et les forces kurdes à Tall Abyad franchissent la clôture frontalière pour se réfugier en Turquie, le 14 juin 2015 (AFP / Bülent Kiliç)

(AFP / Bülent Kiliç)

« Cela fait quatre ans que je photographie les réfugiés syriens à la frontière », racontait le 15 juin l'auteur de cette image, le photographe de l'AFP Bülent Kiliç. « J’ai assisté à la bataille de Kobané qui avait provoqué l’exode de 200.000 personnes. Mais cette fois, c’est différent. Je n’avais encore jamais vu une chose pareille, des milliers de personnes qui fuient désespérément leur pays à travers une brèche aussi exiguë. Je n’ai pas le temps de parler avec ces gens, mais je peux voir la peur dans leurs yeux. Ils crient, ils se bousculent. Les familles font des efforts désespérés pour rester groupées, pour ne pas perdre un enfant dans la cohue... »

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5. Photographie: aux frontières de l'acceptable, par Roland de Courson

(KCNA)

L'image ci-dessus n'a jamais été diffusée par l'AFP. Publiée par l'agence officielle nord-coréenne KCNA en 2013, elle est censée montrer des manœuvres militaires dans l'est du pays. L'analyse à l'aide d'un logiciel spécialisé des traînées des missiles et des fumées révèle une accumulation d'anomalies trahissant des manipulations de nature indéterminée. Il s'agit donc, selon toute probabilité, d'une image truquée.

Il s'agit d'un cas extrême. Mais la fraude en photographie n'est pas le monopole de la Corée du Nord, de la Syrie ou des groupes de propagande extrémistes en tout genre. Le 12 février, la disqualification pour cause d’images trafiquées d’un nombre sans précédent de participants au concours World Press Photo 2015 a ravivé un vieux débat : où se situe la frontière, en photojournalisme, entre l’effet artistique et la fraude ?

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6. Le vrai, l'à-moitié vrai et le complètement faux, par Grégoire Lemarchand

(AFP / Dominique Faget)

« Sur les réseaux sociaux, les attentats du 13 novembre à Paris ont déclenché une tempête encore plus folle que celle qui s’était déchaînée en janvier, lors des attaques sanglantes contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher », racontait le 18 novembre Grégoire Lemarchand, responsable des réseaux sociaux à l'AFP. « L’heure tardive, le fait que les événements se soient produits simultanément à plusieurs endroits de la ville ont contribué à faire enfler les rumeurs en tout genre. Mais paradoxalement, on recense au bout du compte moins de dérapages, moins de comportements irresponsables et moins de théories du complot que dix mois plus tôt. Comme si certaines leçons avaient été apprises... »

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7. Petit écolier à Charlie Hebdo, par Karim Talbi

(AFP / François Guillot)

« Ils étaient tous là, assis autour d'une grande table, à grignoter du chocolat Côte d'Or et des Petit Ecolier, en faisant des dessins. Eux, c'était les journalistes, les dessinateurs de Charlie Hebdo. J'avais 20 ans, j'étais étudiant en histoire, et je crois que ça m'a rassuré qu'ils mangent du chocolat, que des journalistes mangent du chocolat par tablettes entières dès 11 heures du matin»...

En 1996, Karim Talbi, actuellement adjoint au directeur du bureau de l'AFP à Moscou, démarre sa carrière de journaliste par un stage à Charlie Hebdo. « Les dessinateurs de Charlie sont plus que mes amis, ils ont été ma première famille journalistique, celle avec laquelle on ne peut pas se fâcher».

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8. Eric Schwab: des photographies de l'inhumain, par Yves Gacon

(AFP / Eric Schwab)

Ce sont quelques dizaines de photos dans les archives de l’Agence France-Presse. Un nombre insignifiant dans un fonds photographique de plusieurs dizaines de millions de documents, mais une valeur inestimable pour la mémoire et au regard de l’Histoire : Eric Schwab, l’un des premiers photographes travaillant pour l’AFP après la refondation de l’agence en 1944, a été le témoin des horreurs que les Alliés ont découvert au fur et à mesure de la libération des camps de la mort en Allemagne. Accrédité comme correspondant de guerre auprès de l'armée américaine, il se lance en même temps à la recherche de sa mère, déportée en 1943, qu'il retrouvera finalement vivante au camp de Terezin.

Eric Schwab n'a pas connu la notoriété immédiate des autres photographes qui ont documenté la découverte des camps, comme Margareth Bourke-White, Lee Miller ou Georges Rodger. Comme la plupart des photographies d'agence, ses images paraissent dans les journaux sans signature. Il faudra attendre plusieurs années pour que soient reconnus ses talents, notamment la qualité de ses cadrages, la force de ses portraits. Ses photos deviennent alors des icônes d’une terrible période de l’humanité.

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9. Le camion le plus gros de la Terre, par Dominique Faget

(AFP / Dominique Faget)

Un camion bourré de marchandises provenant de Libye attend de passer la douane à Madama, dans le nord du Niger. Le photographe de l'AFP Dominique Faget raconte la petite histoire de cette étonnante image, prise à la volée le 1er janvier pendant une visite-éclair du ministre français de la Défense dans ce coin reculé du Sahara, où l'armée française mène des opérations antiterroristes.

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10. Fauchés par la Formule 1 des mers, par Jean-Sébastien Evrard

Le trimaran Spindrift 2 percute un bateau de l'oganisation peu avant le départ de la 9e et dernière étape de la Volvo Ocean Race entre Lorient et Göteborg, le 16 juin 2015 (AFP / Jean-Sébastien Evrard)

(AFP / Jean-Sébastien Evrard)

« Le Spindrift 2 est le plus grand multicoque de course au large du monde », raconte le photographe de l'AFP Jean-Sébastien Evrard. « Un bateau hors normes. Un trimaran de quarante mètres de long qui détient un record du tour du monde à la voile, et qui atteint fréquemment des pointes de plus de 46 nœuds, soit 85 km/h. A pleine vitesse, ses safrans sont tranchants comme des lames de rasoir. Pas le genre de bolide qu’on rêve de voir foncer sur soi en pleine mer… »

« C’est pourtant ce à quoi j’assiste ce 16 juin en début d’après-midi au large de Lorient, en Bretagne. »

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11. Réfugiés dans l'enfer hongrois, par Sonia Bakaric

(AFP / Armend Nimani)

« Dans le no man' s land entouré de champs à perte de vue, le flux des réfugiés semble intarissable », écrivait la journaliste de l'AFP Sonia Bakaric depuis la frontière hongro-serbe le 16 septembre. « De jour comme de nuit, des milliers de femmes arrivant de la Serbie toute proche avancent avec peine, les pieds gonflés dans des chaussures masculines trop grandes pour elles ; des milliers d’hommes à bout de forces portent sur leurs épaules courbées des milliers d’enfants tout aussi exténués, hagards, comme désarticulés. »

« Après une interminable marche pour fuir la guerre et la misère, les voici confrontés à un monde diamétralement opposé à leurs espoirs : la Hongrie du nationaliste Viktor Orbán. Pour l’heure, la plupart des nouveaux arrivants - des Syriens, des Irakiens, des Afghans ayant déjà des milliers de kilomètres dans les jambes - ont encore la force de sourire, de nous saluer avec bienveillance. Ils n’ont encore aucune idée des épreuves qui les attendent dans ce pays indifférent à leurs souffrances et qui, dépassé par la crise migratoire, vient de boucler sa frontière avec la Serbie avec une clôture de barbelés tranchants érigée par des prisonniers. »

« Un nouveau mur érigé au cœur de l’Europe par ce même pays qui, il y a vingt-six ans, avait ouvert la première brèche dans le Rideau de fer et précipité l’effondrement du communisme en permettant à des milliers d’Allemands de l’Est de fuir vers l’Ouest...»

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12. Là où la terreur n'a pas de nom, par Aminu Abubakar

(AFP)

« L’appel tombe quelques heures après le début de la diffusion, par les chaînes de télévision au Nigeria, de la cérémonie d’hommage national aux victimes des attentats de Paris. Encore une attaque suicide. Plusieurs personnes viennent d’être tuées par une explosion qui visait la procession de la fête chiite de l’Achoura dans la banlieue du Kano, la grande ville du nord du Nigeria où je suis basé ».

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13. Ténors du barreau, par Joël Saget

(AFP / Joël Saget)

« Les avocats, on les photographie généralement à la volée, à l’entrée ou à la sortie des salles d’audience, quand ils font des déclarations à la presse à propos des procès dans lesquels ils plaident », explique le photographe de l'AFP Joël Saget. « Cela donne toujours un peu le même genre d’image. Au service photo de l’AFP, pour varier, cela faisait un moment que nous avions envie de réaliser pour nos archives une série de portraits posés des principaux ténors du barreau en France ».

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14. Photographe dans la ville-cimetière, par Baraa al-Halabi

(AFP / Baraa Al-Halabi)

« Dans la zone rebelle d’Alep, presque tous les jardins publics ont été transformés en cimetières. Il n’y a plus de restaurants, plus de distractions, plus de bonheur. Plusieurs fois par jour, on entend les avions de l’armée d’Assad qui passent en vrombissant au-dessus de nos têtes. On n’est jamais en sécurité. A chaque instant, quand tu marches dans la rue, quand tu es chez toi, quand tu vas à la mosquée, un baril d’explosifs peut te tomber dessus. Un jour tu es assis et du discutes avec quelqu’un, et le lendemain tu apprends qu’il est mort ».

Baraa Al-Halabi, photographe indépendant à Alep et collaborateur régulier de l'AFP, a reçu un des prix Fipcom 2015 pour l'image ci-dessus, prise quelques instants après une attaque au baril d'explosifs attribuée aux forces gouvernementales contre le quartier rebelle de Kallaseh le 3 juin 2014, le jour de l'élection présidentielle en Syrie. Il raconte ici son quotidien.

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15. Rohingyas: d'un cauchemar à l'autre, par Christophe Archambault

(AFP / Christophe Archambault)

Des boat people appartenant à la minorité musulmane Rohingya, persécutée en Birmanie, pleurent de faim et de désespoir à bord d'un bateau à la dérive depuis des jours en mer d'Andaman, au large de la Thaïlande. « Je sais que ces migrants n’ont pas mangé depuis des jours, voire des semaines », racontait le 15 mai l'auteur de cette image, le photographe de l'AFP Christophe Archambault. « Selon ce qu’ils ont raconté, ils en sont réduits à boire leur urine pour survivre. Leurs visages sont décharnés, leurs cheveux longs et hirsutes. On peut voir leurs côtes et leurs omoplates saillantes. Mon regard se fixe sur un jeune homme. Il ne doit pas peser plus de trente-cinq kilos. Nous avons, sous nos yeux, une situation d’horreur absolue. »

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