La partie émergée de l'iceberg

PARIS -- A chaque finale de l'Euro, ses images fortes. Celles qui immortalisent les moments d'émotion, d'action, d'effervescence... Dimanche, pour la finale entre la France et le Portugal, l'AFP a diffusé pas moins de 1.723 photos à ses clients, dont 1.339 prises à  l'intérieur du stade.

Derrière tous ces clichés, parfois spectaculaires, on trouve une équipe de photographes, éditeurs et techniciens qui travaillent ensemble, et des semaines de préparation. Les photos en elles-mêmes ne sont finalement que la pointe visible de l'iceberg.  

This photo taken on July 10, 2016 shows a fanzone on the Champs de Mars in front of the Eiffel Tower in Paris, during the Euro 2016 final football match between Portugal and France.  / AFP PHOTO / Thomas SAMSON (AFP / Thomas Samson)

En première ligne, évidemment, il y a les photographes. Pour la finale de l'Euro-2016, l'AFP avait déployé dans l'enceinte du Stade de France huit photographes et six boitiers télécommandés. A l'extérieur, trois photographes avaient été positionnés sur des hauteurs de Paris (Tour Montparnasse, Ecole militaire et Tour Pleyel), et un autre dans la fan zone. A Lisbonne et à travers toute la France,  plusieurs autres photographes étaient mobilisés pour cette couverture.

Pour un photographe, un match, c'est 90 mn au moins de travail non-stop.

Avant toute chose, on compte sur eux pour donner à voir les actions clés du match:

France's forward Andre-Pierre Gignac, Portugal's defender Fonte and Portugal's goalkeeper Rui Patricio watch the ball hitting the post during the Euro 2016 final football match between Portugal and France at the Stade de France in Saint-Denis, north of Pa (AFP / Franck Fife)

Après, il y a les supporters qui fournissent, des deux côtés, des images colorées, les unes classiques:

A combination of file pictures made on July 8, 2016 shows Portugal (L) and France (R) supporters during Euro 2016 football tournament. France will face Portugal in the Euro 2016 final football match at the Stade de France in Saint-Denis, north of Paris, o (AFP )

Les autres, plus originales:

A France supporter arrives for the start of the Euro 2016 semi-final football match between Germany and France at the Stade Velodrome in Marseille on July 7, 2016.  / AFP PHOTO / FRANCK FIFE (AFP / Franck Fife)

Mais ils doivent aussi garder un oeil sur la tribune VIP et ses personnalités:

French President Francois Hollande poses for selfies at the end of the Euro 2016 semi-final football match between Germany and France at the Stade Velodrome in Marseille on July 7, 2016. France will face Portugal in the Euro 2016 finals on July 10, 2016. (AFP / Franck Fife)

Ne pas oublier les enfants:

Portugal's forward Cristiano Ronaldo's son Cristiano junior (2ndR) cheers ahead of the Euro 2016 final football match between Portugal and France at the Stade de France in Saint-Denis, north of Paris, on July 10, 2016. / AFP PHOTO / FRANCISCO LEONGLe fils de Cristiano Ronaldo. (AFP / Francisco Leong)

Et tout événement inattendu sur le terrain:

A steward grabs a supporter entering the pitch during the Euro 2016 final football match between Portugal and France at the Stade de France in Saint-Denis, north of Paris, on July 10, 2016. / AFP PHOTO / PATRIK STOLLARZ (AFP / Patrik Stollarz)

Il y a les moments de célébration:

France's forward Andre-Pierre Gignac (L) celebrates with France's forward Antoine Griezmann after he scored the second goal for France during the Euro 2016 semi-final football match between Germany and France at the Stade Velodrome in Marseille on July 7, (AFP / Franck Fife)

Les grimaces de douleur, les larmes de joie:

Portugal's forward Cristiano Ronaldo reacts during the Euro 2016 final football match between Portugal and France at the Stade de France in Saint-Denis, north of Paris, on July 10, 2016. / AFP PHOTO / PHILIPPE LOPEZ (AFP / Philippe Lopez)
Portugal's forward Cristiano Ronaldo reacts as Portugal beats France 1-0 to clinch the Euro 2016 final football match between France and Portugal at the Stade de France in Saint-Denis, north of Paris, on July 10, 2016. / AFP PHOTO / MARTIN BUREAU (AFP / Martin Bureau)

 

Les coups de tête...

France's forward Antoine Griezmann (L) vies for the ball against Germany's defender Benedikt Hoewedes during the Euro 2016 semi-final football match between Germany and France at the Stade Velodrome in Marseille on July 7, 2016.  / AFP PHOTO / FRANCK FIFE (AFP / Franck Fife)

...et le coaching synchronisés:

Portugal's coach Fernando Santos (L) and Portugal's forward Cristiano Ronaldo react during the last minutes of the Euro 2016 final football match between France and Portugal at the Stade de France in Saint-Denis, north of Paris, on July 10, 2016. Portugal (AFP / Martin Bureau)
Portugal's forward Cristiano Ronaldo (L) and Portugal's coach Fernando Santos celebrate their team's win in the Euro 2016 final football match between Portugal and France at the Stade de France in Saint-Denis, north of Paris, on July 10, 2016. / AFP PHOTO (AFP / Miguel Medina)

 

Et puis il y a la joie qui explose:

Portugal's forward Eder (R) celebrates after scoring a goal with team mates during the Euro 2016 final football match between Portugal and France at the Stade de France in Saint-Denis, north of Paris, on July 10, 2016. / AFP PHOTO / MIGUEL MEDINAQuelques secondes après le but final. (AFP / Miguel Medina)

Et le désespoir qui abat:

France's forward Andre-Pierre Gignac reacts after Portugal won the Euro 2016 final football match between Portugal and France at the Stade de France in Saint-Denis, north of Paris, on July 10, 2016. / AFP PHOTO / PATRIK STOLLARZ (AFP / Patrik Stollarz)

Et parfois les deux, sur une même image : 

Portugal's forward Eder (R) celebrates with teammates past France's forward Antoine Griezmann (C) after he scored during the Euro 2016 final football match between Portugal and France at the Stade de France in Saint-Denis, north of Paris, on July 10, 2016 (AFP / Francisco Leong)
French President Francois Hollande (L) looks dejected next to his Portuguese counterpart Marcelo Rebelo de Sousa after Portugal won the Euro 2016 final football match between Portugal and France at the Stade de France in Saint-Denis, north of Paris, on Ju (AFP / Francisco Leong)

 

Pendant le match, chaque photographe a une place assignée et leurs appareils sont  connectés à des câbles, ce qui leur permet de transmettre leurs images au plus vite.

Parfois, ils travaillent en "live", ce qui signifie que leurs images sont transmises instantanément aux éditeurs. Les photographes peuvent ainsi "shooter" sans interruption.

D'autres utilisent la fonction "tag and send" (sélectionner et envoyer). Ils prennent quelques images, les visionnent sur l'écran de leur appareil,  sélectionnent les plus fortes avant de les transférer aux éditeurs. Cette technique permet de limiter le volume de photos envoyées, mais oblige le photographe à détourner les yeux du match pendant quelques secondes. 

 

Bien-sûr, il faut avoir la meilleure image mais, dans un monde hyperconnecté, la rapidité est promordiale et le client doit pouvoir la réceptionner au plus vite. Et c'est là qu'interviennent les éditeurs.

Car la toute première action du match doit être sur le fil en moins d'une minute. Ce qui signifie recadrer, légender et envoyer la photo en moins d'une minute.

(AFP / Philippe Lopez)

Et c'est la même chose sur chaque action: un éditeur choisit la meilleure prise (pas question d'hésiter), la recadre, l'envoie à un second éditeur, qui la légende et la diffuse aux clients... A l'occasion d'un but, l'ensemble du processus prend en moyenne 30 secondes. 

(AFP / Philippe Lopez)

Et enfin, il y a LA photo, celle des vainqueurs brandissant la coupe. Le moment est délicat car les photographes sont alors sur le terrain, à l'image des joueurs ou entraîneurs, en liesse ou détresse. Leurs appareils ne sont alors plus câblés. Des techniciens, présents aussi sur le terrain, récupèrent les cartes mémoires, courent vers l'ordinateur et envoyent les photos aux éditeurs.  

(AFP / Valery Hache)

Dans chaque match, il y a de nombreuses actions spectaculaires. Les photographes doivent alors saisir  l'ambiance : 

Paris en joie après la victoire de la France contre l'Allemagne en demi-finale. (AFP / Geoffroy Van Der Hasselt)

Les grands moments du match :

People watch on a giant screen the Euro 2016 football tournament final match between Portugal and France, while Portuguese forward Cristiano Ronaldo is evacuated on a stretcher after being injured, on July 10, 2016 at the fan zone of the Champs de Mars ne (AFP / Geoffroy Van Der Hasselt)

Les instants de joie :

Portugal's national football team supporters wave flags at Terreiro do Paco square in Lisbon on July 10, 2016 as they watch on a giant screen the Euro 2016 final football match Portugal vs France played in Paris. / AFP PHOTO / PATRICIA DE MELO MOREIRADes supporters en liesse à Lisbonne. (AFP / Patricia De Melo Moreira)

ou de désespoir : 

France's supporters react following the Euro 2016 football tournament final match between Portugal and France at the fan zone in Lyon on July 10, 2016. / AFP PHOTO / ROMAIN LAFABREGUE (AFP / Romain Lafabregue)
A French supporter reacts after the Euro 2016 final football match between Portugal and France at the Champ-de-Mars fan zone in Paris on July 10, 2016. Ronaldo's Portugal beat France 1-0 in Euro 2016 final. / AFP PHOTO / ALAIN JOCARD (AFP / Alain Jocard)

 

Et  les inévitables incidents :

Men clash with French riot policemen after attempting to enter the fan zone of the Champs de Mars next to the Eiffel tower in Paris on July 10, 2016 during the Euro 2016 football tournament final match between Portugal and France. / AFP PHOTO / ALAIN JOCADes échauffourées près de la fan zone, près de la Tour Eiffel. (AFP / Alain Jocard)
A picture taken from the Tour Montparnasse shows tear gas under the Eiffel tower during clashes between police and supporters trying to illegally enter the Champs de Mars fan zone on July 10, 2016 in Paris, before the Euro 2016 football tournament final mDe la fumée de gaz lacrymogènes au pied de la Tour Eiffel. (AFP / Thomas Samson)

Alors, au bout du compte, que faut-il pour vous montrer une finale de l'euro ? Une équipe de photographes et éditeurs travaillant avec un bon support technique et un peu de chance pour que tout se passe sans accroc.

(AFP / Alain Jocard)

 

Yana Dlugy